concerto à quatre mains

30 mai 2020

Histoire d'un tableau personnel

Il voyage souvent ; Tel Aviv-Paris-Londres-Tel Aviv. Un vieil ami journaliste, pigiste à l’AFP.

Il parle fort bien le français… l’écrit moins facilement.

Lors de son dernier passage, nous avons eu plaisir à nous revoir. Il m’a appelé en catastrophe, il devait rendre un article, il était en retard, fidèle à son habitude chronique ! Je devrais dire pathologique…

Quand il vient à Paris, il y a toujours une connaissance, un ami qui l’héberge.

Cette fois-ci, ce fut Marina qui l’a reçu.

Elle habite dans le quartier de la Nation. Toujours étonné par le hasard, j’arrive donc et trouve l’ami assis par terre, entouré d’une pile de feuilles et documents divers !

Je salue son hôtesse, belle brune aux yeux intenses de braise en fusion.

Je me pose dans un profond canapé et entreprends la lecture en diagonale de son article (sur les échanges politico-culturels au Moyen-Orient). Je lui fais remarquer qu’il aurait dû parler de la belle initiative de Barenboim, fondateur d’un orchestre israelo-palestinien.

Au mur, en face de moi, est accroché un tableau assez grand. Une femme, de trois quart-dos, chevelure brune au milieu des reins, une croupe …ronde comme la coupole académique… mais bien plus féminine et affriolante !

Mon regard revient sur ce tableau, non pour la qualité picturale (je ne suis pas connaisseur en arts décoratifs !) mais pour la sensualité rare qui émane des lignes de ce corps. 

Deux fesses jaillissant de reins cambrés, deux fesses rebondies séparées par un profond canyon.

Mon ami remarque mon regard, Marina aussi d’ailleurs, qui me dit spontanément qu’un de ses amis peintres l’avait ainsi croquée deux ans auparavant.

Je lui réponds galamment que ce peintre avait eu un beau privilège de contempler un tel séant.

Passe une bonne demi-heure à corriger l’article, ici et là, à proposer un mot plutôt qu’un autre, à chasser les fautes d’orthographe (nombreuses !) et les accidents de syntaxe !

On chipote sur tel et tel mot ; Marina revient avec un café succulent et me dit qu’elle aimerait bien que je corrige ses textes… Me voici en passe de devenir lecteur ou rewriter comme disent horriblement les anglo-saxons !!!

L’ami journaliste rassemble tout son petit tas de papiers (rarement vu plus bordélique que ce garçon !) et dit qu’il file à l’ambassade pour remettre son papier à je ne sais quel conseiller en partance pour Tel Aviv.

Pendant que Marina le raccompagne, je plonge à nouveau dans la contemplation de ce tableau provocateur… ou simplement provocant. J’ai souvent éprouvé le regret de ne pas savoir dessiner.

Marina remonte, souriante, agitant ses longs cheveux ; elle s’assoit en face de moi, tournant donc le dos à elle-même ! Je fixe ses yeux, ce qui m’évite d’être aimanté par les fesses qui me tendent … leurs deux hémisphères !

« Quand vous regardez ma chute de reins, vous avez un regard intense et brillant, me dit-elle, mais quand vous me regardez dans les yeux, votre regard devient aimant, dangereux, fascinant ».

Je cache ma modestie derrière un léger sourire de façade mais ne dis pas un mot, préférant la laisser continuer.

« Je sais que vous voulez voir mon cul… si je vous le montre, me montrerez-vous le votre ? »

Il joue à ne pas répondre ouvertement, esquivant, revenant, repartant…

Le silence dans lequel il reste semble déstabiliser Marina mais cela l’a séduite tout autant..

Elle sait d’instinct que son regard lui donnera mille frissons.

« Vous vous rappelez, nous avons un peu parlé de Valérie avec Joseph, tout à l’heure, vous sembliez curieuse d’elle. Je pourrai inviter à nous rejoindre, j’espère que cela vous fait plaisir. » 

Le butor, pensa-t-elle, le salaud, il ose faire venir cette femme qui doit le relancer depuis des semaines.

« Non, bien sûr, pourquoi pas, si cela vous fait plaisir, mais je ne suis pas si curieuse et j’aurais quand même préféré rester juste avec vous » répondit-elle hypocritement.

Elle rougit sous son regard qui la transperçait. Comment un homme pouvait-il avoir ce regard pénétrant ?

Elle se sentait dans l’impossibilité de dissimuler ce qu’elle ressentait.

« Je constate que mon tableau vous plaît toujours autant » lui lança-t-elle pour reprendre l’avantage

« Que voulez-vous boire ? »

« Vous rappelez-vous, je vous avais demandé si vous vouliez voir mes fesses… mais qu’il vous faudrait me montrer les vôtres ? »

« Ma mémoire est encore vive, je me rappelle précisément ne rien avoir répondu »

« Je me le rappelle également et vous comme moi savons que qui ne dit mot consent… »

Elle tournicote, sort des verres, se donne une contenance. Il entend le bruit des glaçons et s’est replongé dans la contemplation de ce tableau.

« Merci … pas de glaçons pour moi… pas tout de suite…»

Marina s’est assise sur un pouf le menton dans les mains, en face de lui. Il la regarde, puis il repose les yeux sur le tableau, puis la regarde à nouveau, un léger sourire gentiment moqueur.

« Tenez votre promesse… on doit toujours tenir ses engagements, ou bien s’abstenir. Mais je ne sais pas si j’ai vraiment envie de voir vos fesses en réel. »

« Vous êtes peut-être bien élevé, très cultivé, mais vous êtes un goujat…. »

« Je ne sais pas si j’ai envie de voir vos fesses maintenant…»

« Je vous en prie… comme il vous plaira, pour vous, oui, pour vous seul,»

« Soit… alors, pour moi seul, montrez que ce peintre vous a dessiné comme vous êtes.»

« N’oubliez pas que vous devrez me montrer vos fesses… donnant donnant » parvient elle à rétorquer en le regardant droit dans les yeux.

Jeux d’ombres mouvantes.

Le tic tac de la vieille pendule semble rythmer ses soupirs.

« Vous me semblez belle sous cet éclairage qui ferait un joli tableau. Déshabillez-vous pour moi . »

Elle le regarde longuement, sentant monter en elle une émotion nouvelle, découvrant l’exaltation d’un jeu inédit.

Son regard sourit, suivant ses mains hésitantes, retrouvant ses yeux.

Elle fait glisser ses chaussures du bout du pied, lentement, comme pour gagner du temps. Ou comme pour le faire attendre. Elle a décidé de ne pas baisser les yeux, de le regarder coûte que coûte.

« Il va vous être bien difficile de tenir votre promesse si vous me faites face… facéties…face à fesses… »

« Quelle idée ai-je eue de mettre une robe, pourquoi n’ai-je pas enfilé une jupe ? » se dit-elle en se retournant lentement, le rouge aux joues, au front… elle se sent transpirer, devenir moite.

La robe, lentement, s’écroule à ses pieds. Instinctivement, Marina se met sur la pointe des pieds, elle aime être pieds nus.  Elle se sent offerte à un regard qu’elle ne voit pas, bizarrement elle regrette d’avoir mis une culotte car elle sait qu’il va lui demander…

« Votre ami peintre ne vous a pas embellie… votre croupe est vraiment à l’image de ce tableau… mais, il vous a peint toute nue…alors… qu’attendez-vous pour ôter cette vilaine culotte ? »

« Je… vous ne verrez pas plus ni mieux… »

« Vous ne jouez pas le jeu, vous ne tenez pas votre promesse, c’est vous qui m’avez lancé ce défi… bien, comme vous voulez, je vous laisse.

Merci pour …. »

« Non ! Vous n’avez pas le droit, non, restez…vous croyez peut-être qu’en partant, en fuyant, vous ne devrez pas vous aussi vous déculotter ? … oui, c’est moi qui vous ai provoqué… aidez-moi, parlez moi… »

« Je ne vous ai rien promis, Marina, je ne me suis pas engagé à quoi que ce soit, sauf à contempler votre postérieur, ma chère, que, d’ailleurs, vous avez admirable… Allons, baissez cette culotte… »

D’un geste rapide, Marina envoya sa culotte aux chevilles, en prenant grand soin de ne pas se baisser plus que nécessaire… Elle était pétrifiée qu’il puisse apercevoir son grain de beauté …

Il contemple le galbe de cette croupe, son regard allant du tableau au modèle, puis retournant au tableau.

Marina est quasiment immobile mais il perçoit les frémissements de son épiderme.

« Pourquoi restez-vous sans dire un mot ? Je me sens jaugée, examinée, soupesée comme un maquignon le ferait devant une jument »

« Je me plais à laisser mes yeux soupeser votre cul, ma chère, et je vous sais gré de m’en donner le temps ; je regrette seulement… »

« Quoi ? que regrettez-vous ? mes fesses vous déçoivent ? vous êtes un … »

« Oh non, ce que je vois me comble, je regrettais de ne pas avoir attendu Valérie. La parfaite rectitude de la raie qui sépare vos fesses est admirable… La rotondité de vos fesses souligne la profondeur de votre raie.

Allez donc au bout du défi que vous m’avez lancé »

« Que voulez-vous dire ? Je vous ai montré mes fesses, je les ai dénudées pour vous, que voulez vous de plus ? c’est à vous maintenant de tenir votre promesse »

« Allons, Marina, ne faites pas semblant de ne pas comprendre… Vous n’avez pas encore offert à mes yeux l’intégralité de votre cul… Vous devez l’ouvrir , vous ne me voyez pas mais je souris en ce moment précis car je sais que vous rougissez… »

«  J’ai un … non, je ne peux vous le dire…non, ne me demandez pas cela … »

Un silence s’installe. Marina l’entend se lever, soupirer…

« NON… ne partez pas , je ne veux pas …

Oui … je vais me montrer à vous , ouverte, impudique… Promettez moi … »

 

 

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ELLE et LUI, acte 1 Sc 2

COMPLICITES

IL ne sait pas comment ne pas lui montrer à quel point ELLE le trouble, combien sa déclaration le chamboule, tout autant si ce n’est plus que ses mains qui pourchassent son désir sur son ventre, ses mains qui ont effleuré son pubis, qui n’ont pas pu ne pas sentir son émoi.

IL se redresse, lentement, en prenant ses mains dans les siennes, IL se retourne, ELLE voit son regard illuminé. Depuis qu’ELLE a rencontré son regard quand IL a ses yeux là, c’est comme si ELLE entrait en transes ! IL ne dit rien, la regarde en posant une main sur sa nuque.

« Je ne connais pas tout de toi et c’est heureux ; tu ne connais pas tout de moi, tu ne connais pas l’ampleur de ma sensibilité exacerbée, qui confine souvent avec la susceptibilité. Je n’y peux rien depuis longtemps ! Ma réaction tout à l’heure t’a déroutée, t’a fait de la peine, ce n’est pas ce que je souhaitais. Durant les quelques minutes où j’étais sur le balcon, j’ai regretté d’avoir réagi comme je l’ai fait, j’ai regretté aussi d’être parti, j’aurais dû t’accompagner… j’ai regretté tout en même temps de t’avoir amenée dans cette chambre, me disant que c’était sans doute prématuré…j’ai regretté de ne pas t’avoir consolée alors que je me disais que j’aurais dû te donner la fessée… j’ai regr…»

                                                                                                              vintage roses

« Tais-toi ! Embrasse-moi, tu ne m’as pas encore embrassée vraiment, depuis toutes ces heures… tais-toi avec tes regrets idiots et contradictoires… tais-toi ou c’est moi qui te donnerai la fessée… ! »

IL l’attire tout contre lui, la main sur na nuque, IL pose ses lèvres sur sa bouche, doucement, caressant ses lèvres de ses lèvres, attendant que l’émotion croisse et les déborde. C’est ELLE qui plonge sa langue dans sa bouche, plaquant ses mains contre son visage.

Leur baiser est une vague, leurs langues entament un ballet de caresses.

De longues secondes après, dix, vingt ou trente ou cinq, ils ne le savent pas, ils se retrouvent dans les yeux l’un de l’autre, essoufflés par la houle qui les a submergés.

« Tu sens la cigarette, j’aime çà, j’aime ton haleine, donne-la-moi encore…je veux te sentir, te respirer, te renifler… »

« Ta bouche attirante assoiffée de moi, pulpeuse, étourdissante,
Ta bouche voluptueuse qui m’embrasse
Autant que mon désir t'enlace, ta bouche que j’espère gourmande de mon corps
Ta bouche désirable rouge passion, impatiente d’une intime relation
Ta bouche libertine se languira-t-elle du goût de mon sexe ? »

                                                                                                           sexy370[1]

« Tais-toi, tu m’affoles… je coule, par toi, par tes mots, tes envies folles et douces, je n’ai pas remis ma culotte…tant et tant elle était... »

« Par ta faute, le champagne sera moins frais…

N’as-tu pas soif de bulles ? N’as-tu pas faim ? »

« Je me sens assoiffée de désirs, simples, très fous, je veux te boire, boire tes mots et ton plaisir ; oh oui, j’ai faim, faim de toi, je veux te croquer, te goûter… te bouffer ! Je m’étonne moi-même d’oser avouer… mes appétits ! »

« Grignotons, buvons, fêtons ce jour !  Viens, assieds-toi là, ce petit canapé est pour toi, je m’assiérai en face de toi. »

IL pose le plat sur la table basse, débouche le magnum et remplit les coupes.

IL prend un canapé au saumon et lui tend. Comme au bar, elle happe le canapé et lui lèche les doigts.

IL prend une gorgée de champagne, la boit en la regardant. IL reprend une autre gorgée, se penche sur ELLE, pose ses lèvres sur sa bouche, qu’ELLE entrouvre et ELLE boit à sa bouche.

« C’est doux, c’est excitant… c’est une première pour moi. Et toi ? »

IL lui sourit, ne dit rien, contourne la table basse et s’accroupit devant ELLE ; IL pose ses deux mains sur ses mollets, les remonte doucement, parviens à la lisière de ses bas ; ses cuisses sont fraîches, il sent une peau très douce.

Sans qu’ELLE s’en rende vraiment compte, ELLE a ouvert ses jambes, IL glisse son visage entre ses cuisses, pose ses lèvres à droite, à gauche, ses mains glissant sur ses hanches.

ELLE pose ses mains sur sa nuque, le plaque contre ELLE, les yeux fermés par l’émotion qui l’envahit à nouveau.

IL s’est arrêté juste là, pour que son nez effleure sa toison ; elle est toute humide.

IL la respire doucement, intensément, découvrant les fragrances de son désir.

Parfums légèrement épicés.

IL ne bouge plus durant quelques secondes, IL la sent frémir, ELLE appuie son visage sur son ventre, ELLE est affolée par les envies qui l’empoignent, affolée de ne s’être pas lavée…

IL décide de jouer avec le temps ; jouer avec l’impatience qu’il sent en ELLE. IL se dégage doucement de l’emprise de ses mains qui le plaquait contre sa chatte émue et s’évertue à prendre un air sévère.

« Dîtes-moi, je suis affreusement choqué, vous me décevez terriblement, vous étiez donc venue à ce premier rendez-vous sans culotte ? »

« Vous savez très bien que non, je ne l’ai pas remise tout à l’heure… après… »

« Ah… après quoi ? Où est-elle passée ? Ne m’aviez-vous pas promis de me la donner ? »

« Non, Monsieur, je n’ai rien promis de tel et vous le savez ; cela ne pouvait être qu’un échange et, autant que je sache, vous portez toujours votre slip… »

« Certes, Ma Dame, mais puisqu’à présent vous prétendez l’avoir enlevée et je me demande bien pourquoi, rien ne vous empêche de me la remettre. »

IL la sent rougir légèrement et frissonner.

ELLE est alanguie sur le canapé, les jambes toujours ouvertes, la robe à mi-cuisses, alanguie mais tendue.

IL lui sourit, taquin, provocateur, posant à nouveau ses mains sur ses cuisses.

ELLE pose ses mains sur les siennes, IL la voit fermer les yeux.

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ELLE et LUI, acte 1

Flashback LUI :

IL se rappelle en un éclair leurs conversations, leurs échanges de messages, leurs confidences, comme si c’était hier ou ce matin.

Ne lui avait-il pas dit que pour lui, il n'y a pas d'heures pour les caresses gratuites, ni de lieux. Elles peuvent se donner du matin au soir et du soir au petit matin, debout, assis, nu, demi-nu, habillé, dans la cuisine, le salon, en voiture, dans le jardin, dans les bois.

C'est une manifestation semi-permanente qui file et se faufile tous les jours et les nuits, témoignant l'attachement et entretenant le désir.

C'est la seule joie que l'on peut s'offrir quelle que soit notre fortune. Et sans doute un des rares moments de confiance, confidence et détente.

                                                                            * * * * * * * * * *

IL sort une cigarette, en mâchouille le filtre, ne sachant comment lui dire son envie de tendresse mais aussi cette espèce de déception qui s’est glissée en Lui sans qu’IL le veuille.

Quant à ELLE, tout à la fois triste et furieuse, ELLE est passée côté salle de bains, ne pouvant s’empêcher de trouver excitante la contiguïté avec la chambre, étonnée par cette pensée ; en regardant les grandes plantes vertes, ELLE baisse sa culotte en vitesse et fait pipi les cuisses ouvertes, ce pipi qu’ELLE ne voulait pas faire avec Lui à côté… La position, le bruit inévitable… ELLE pense à Lui, sur le balcon ; que peut-il penser ? ELLE enlève complètement sa culotte, apercevant à quel point ELLE l’a mouillée, la jette dans le lavabo, manque sa cible.

 

 Yin

Flashback ELLE :

Combien de fois, que ce fut le soir, en journée, en pleine nuit, avait-elle imaginé leur rencontre, leurs folies ? ELLE se rappelle cette exaltation permanente, cette excitation de tous ses sens, quand ELLE le lisait, quand ELLE Lui écrivait, quand ELLE n’osait Lui écrire tout ce qui lui passait par les tripes.

Combien de fois cette attente qu’ELLE avait de Lui...
Ses cuisses qui se serraient,
Son ventre qui se tordait.

Combien de fois avait-ELLE désiré, attendu, fantasmé en imaginant qu’IL la déculotte doucement, ou vivement, qu’IL découvre son excitation, ce qui lui avait fait peur tout à l’heure ?

                                                                                          * * * * * * * * *

ELLE s’en veut de sa réaction. Mais ELLE lui en veut aussi d’avoir réagi en se drapant dans une espèce de vexation.

Quelle aurait été sa réaction à Lui si ELLE avait voulu le regarder faire pipi ? Alors…

ELLE s’essuie distraitement, se passe les mains sous l’eau, ramasse sa culotte, la respire comme Isabelle Huppert toute jeune dans ce film dont elle ne se rappelle pas le titre, puis ELLE va la cacher dans son sac.

ELLE repasse côté chambre, étourdie par ce qu’IL avait préparé, ELLE se sent émue de tant d’égards, de délicatesse. ELLE va prendre la rose avec laquelle IL l’avait caressée. Quel geste surprenant, inattendu.

ELLE monte sur le balcon. IL est penché, accoudé à la balustre du balcon.

ELLE se met derrière Lui, se colle contre son corps, passant ses bras autour de sa taille, tenant la rose d’une main.

IL ne bouge pas d’un souffle, reste immobile, continuant à fumer.

« Je ne voulais pas te faire de peine. Je ne veux pas que tu penses que je n’ai pas confiance. »

IL ne dit rien, ELLE sent qu’il prend une interminable respiration, son torse, son ventre se gonflent lentement. ELLE se sert plus contre lui, colle son ventre à ses fesses, essayant de refermer ses bras.

« J’ai été follement émue en découvrant cette chambre magnifique, tout ce que tu avais fait préparer pour moi, pour nous.

Respire la rose que tu m’as offerte, celle avec laquelle tu as caressé mon visage, celle qui t’a piqué pour m’offrir ta goutte de sang. »

rose

IL se contrôle, tente de se contrôler, en se concentrant sur sa respiration, comme IL le faisait depuis longtemps aux moments d’émotion ou de colère. Mais IL peine à ne pas réagir en sentant son ventre plaqué contre ses fesses, d’autant qu’ELLE ondule doucement en lui passant la rose devant son visage.

« C’est toi qui me parlais de nos cinq sens, un jour, te rappelles-tu ? Sens la rose que tu m’as offerte, sers-toi de ton ouïe pour écouter ma voix, sens mon ventre qui te touche aussi totalement que mes mains, ne ferme pas les yeux comme tu me l’as demandé mais laisse ta vue contempler mon émotion si tu daignes te retourner. »

ELLE caresse ses fesses de son ventre, ELLE lui donne de petits coups presque imperceptibles. ELLE a repris la rose qu’ELLE a placée entre ses dents. Ses mains caressent son ventre qu’ELLE sent tendu. La rose tombe entre eux quand ELLE parle :

« Mon tourmenteur, mon ami, mon séducteur, mon joueur subtil et pervers, durant des jours et des nuits et des semaines, j’ai été aimantée par l’homme que le hasard avait mis sur mon chemin. Vous m’avez fait passer des nuits blanches à lire et relire tes lettres  et je les ai toutes imprimées pour pouvoir m’en rassasier et retrouver à tout moment l’exaltation qu’elles me procurent. Cela forme comme un petit livre… Je l’ai dans mon sac !

Là, maintenant, sens mon ventre claquer tes fesses, comme si je voulais te prendre. Pourquoi n’ai-je pas un phallus pour te prendre ?

Depuis nos premiers échanges j’ai aimé infiniment ton style. Tu écris merveilleusement bien.

J’aime encore plus cette élégante impudeur avec laquelle tu abordais l’érotisme.

Je ne suis pas bégueule, je n’ai rien d’une oie blanche… même s’il m’arrivait d’être étourdie, abasourdie par les frontières que tu me faisais franchir dans mon érotisme, étourdie par les désirs que tu savais susciter en moi. Je ne t’ai jamais menti… mais parfois, je ne t’ai pas tout dit de l’émotion incroyable dans laquelle me plongeait tes désirs. Je ne t’ai pas menti, jamais, bien que je ne t’aie pas avoué combien il m’est arrivé de fantasmer… et tu sais bien que c’est un mot que je n’aime pas, tout comme toi.

J’ai pensé à VOUS... tout à l’heure… j’ai pleuré quand vous avez tourné les talons… j’ai pensé à VOUS, j’ai eu envie de VOUS, follement, en faisant pipi, je VOUS en ai terriblement voulu de n’avoir pas senti ou pas compris que je ne suis peut-être pas aussi libérée que j’ai voulu vous le faire croire. Je me vengerai !!!

Arrête de me tourner le dos, regarde-moi… Je viens vers toi car j’ai envie de toi, j’ai envie de NOUS, je ne sais pas comment. Je suis mariée et TOI aussi et je m’en fous. Tu es un homme fort, exigeant, tu ne fais guère de concessions, jamais.

Mais je connais aussi la tendresse qui t’habite, je la connais parce que je l’ai sentie, parce qu’elle m’enveloppait par tes mots, parce que je l’ai vue dans tes yeux quand nous étions au bar. Accepte-moi avec mes pudeurs, avec mon inexpérience peut-être, apprends-moi à ne plus avoir de pudeur avec TOI, pour TOI et NOUS. »

 fem multiple

 

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29 mai 2020

ELLE et LUI, histoire suite 1

ELLE est submergée d’émotion. Cela fait si longtemps qu’ELLE n’a pas vécu « cela ».

ELLE a eu quelques amants, bien sûr ; plutôt des petites aventures, plus sexuelles qu’autre chose. Mais qui ne la prenaient pas aux tripes, qui ne lui procuraient pas ce vertige mental, cérébral. Un homme qui l’entourait d’égards, de prévenance, un homme qui savait jouer avec le temps, qui prenait son temps et lui laissait, à ELLE, le temps d’avancer, de rêver ; un homme qui ne commençait pas par lui sauter dessus.

Quelques personnes traversent le hall ; un grand comptoir en acajou. IL l’entraîne toujours par la main…

« Pardon, pendant que vous réglez, donnez-moi mon sac, que j’aille me repoudrer… »

« Je n’ai rien à régler ! Si, un point à préciser : vous allez continuer à me vouvoyer longtemps ?

Et tu n’as vraiment pas besoin de te repoudrer… »

IL a un regard provocateur et taquin en lui disant cela.

« J’ai absolument besoin de faire pipi, Monsieur, si tu veux le savoir…

Je suis un peu gênée de vous dire tu, un peu intimidée, je ne sais pas… »

« Allons, je suis persuadé que dans un hôtel de cette classe, il y l’eau courante à tous les étages et des toilettes dans chaque chambre…

Viens, te dis-je… »

ELLE a la tête en feu, le cœur battant, le ventre noué.

ELLE aime sa douceur exquise en même temps que sa fermeté subtile.

Mais ELLE s’imagine déjà, arrivée dans cette chambre inconnue et filer dans la salle de bains

« S’il te plaît… Donne-moi deux minutes… »

« Viens, ne te stresse pas pour si peu… »

Ils entrent dans un des ascenseurs ; IL la tient toujours par la main et ses affaires dans l’autre main.  « Appuie sur le dernier étage, s’il te plaît ».

« Vous faîtes toujours comme çà, avec toutes les femmes ? »

IL la regarde. Doucement, fixement, essayant de donner une lueur sévère à son regard.

« Qu’est-ce qui est important ? Ce que j’ai pu faire avec d’autres femmes ou ce que je fais avec toi ? Je ne te répondrai pas et tu devrais savoir pourquoi. »

ELLE se laisse aller contre lui, de tout son poids ; IL lâche sa main et l’entoure de son bras, plongeant son nez dans sa chevelure.

« Appuie donc sur le bouton du dernier étage, sauf si tu préfères rester dans l’ascenseur… »

Ce qu’ELLE fait à tâtons.

Pendant l’ascension, il respire le parfum qui émane de ses cheveux et lui murmure à l’oreille.

ELLE frissonne.

Sans bouger, ELLE souffle : « C’est comme un poème, c’est beau, cela me trouble. Qui a écrit cela ? »

« Un homme que tu devrais mieux connaître. Un homme simplement complexe. Un homme à qui tu as inspiré ces quelques mots. »

ELLE se redresse légèrement, les yeux brillants, sa respiration s’emballe.

« Vous êtes… tu es… tellement étonnant, dans cette tendresse inattendue, je sens un grand danger m’environner. Ton esprit, ta cérébralité, çà me bouleverse. 

J’aime être ainsi, dans tes bras, çà me fait doux et çà me fait peur. »

L’ascenseur s’est arrêté, chuintement des portes.

« Viens, tu vas avoir encore plus peur » dit-IL en lui reprenant la main.

Long couloir moquetté, IL regarde de quel côté se trouve leur chambre.

Ils marchent côte à côte. Arrivés devant la porte, IL la fait passer devant lui, se colle à ELLE et lui murmure à l’oreille :

« J’aurais voulu avoir la plus douce, la plus affolante des étoffes pour te bander les yeux, mais ce n’était pas prévu. Je veux que tu fermes les yeux, là, maintenant ; promets-moi de ne pas les ouvrir avant que je te le dise. »

ELLE ne bouge pas, ELLE ne peut pas bouger, sauf les tressaillements involontaires engendrés par un long frisson qui lui vrille la colonne vertébrale.

« Je te le promets. »

IL se penche, passe la carte magnétique, petit clic, il pousse la porte du pied.

« Avance doucement, n’ouvre pas les yeux. »

La porte se referme toute seule, IL laisse tomber le sac à terre, jette le manteau par-dessus.

La chambre est immense, c’est plus une suite qu’une simple chambre.

Sur la gauche deux fauteuils, un petit canapé, en cuir. Une table basse.

C’est bien, tout semble préparé comme IL l’a demandé.

Entre les deux fenêtres, une table-bureau, un grand plateau plein de victuailles.

Un vase avec les neuf roses rouges.

Un énorme seau à glace avec un magnum de champagne.

Derrière un lit, très grand, appuyé sur un mur à mi-hauteur, surmonté de plusieurs plantes vertes qui montent presque jusqu’au plafond. Et derrière, sans doute, la salle de bains.

« J’espère que cette chambre te paraîtra aussi merveilleuse qu’à moi.

Non, ne regarde pas encore, tu as promis de garder les yeux fermés. »

« Ne me laissez pas plantée comme çà, je me sens ridicule, perdue. »

« Tu n’es pas perdue puisque je suis là ! Et cesse de me vouvoyer !!! »

« S’il te plaît, redis-moi ce que tu as soufflé à mon oreille dans l’ascenseur, s’il te plaît… »

IL revient vers ELLE, la prend dans ses bras, la serre contre lui, étroitement :

« Sur l’écran noir de nos nuits blanches, a chanté Nougaro,
On déroule le film de sa vie ...
Quelques souvenirs jaillissent du plus loin qu'on peut 
Des instants qui parfois affaiblissent, c'est la vie qu'on doit gérer au mieux ...
On continue et on regarde le film de notre vie ...
Quelques mots qui reviennent, des maux dans le désordre
On doit y mettre un peu d'ordre…
C'est la vie qu'on s'en souvienne !
Quelques cris, des bouts de bonheur, c'est ce qu'on garde au fond du cœur,
ce peut être  aussi ces souvenirs émus de sexe dont on n’a plus peur.
Éteindre cette braise de l'intérieur, c'est la vie qu'on ne peut voir de l'extérieur.
Quelques souvenirs à ranger, les laisser s'estomper doucement
Car on a toujours besoin de temps pour continuer à vivre le jour au présent...

Et je veux aujourd’hui que ce jour que nous vivons soit pour toi multicolore,

comme un arc en ciel qui t’enrichit de mille souvenirs,

qui te bercera plus tard, sur l’écran de tes désirs. »

 

ELLE se serre encore plus contre lui, sans s’en rendre compte, comme si ELLE voulait s’incruster en lui.

« Ne bouge pas… »

IL va prendre une rose dans le vase, attrape la serviette qui couvre le seau à glace, se pique volontairement l’index à une épine, puis d’un coup de serviette les ôte toutes.

                                                                                                rose

 

IL revient vers ELLE qui serre les yeux. ELLE est belle, émouvante dans cet abandon, dans cette confiance instinctive.

IL glisse son index entre ses lèvres, juste au bord.

« Presse mon doigt entre tes lèvres, lèche-le doucement, goûte le… »

Ce qu’ELLE fait pendant qu’il caresse son visage de la rose, passant les pétales sous son nez.

« Ouvre les yeux maintenant, regarde-moi. »

Ses yeux sont immenses, éberlués, embués.

ELLE voit la rose, enlève tout doucement le doigt qu’elle a toujours entre les lèvres.

« Tu m’as donné ton sang, j’ai bu ton sang, tu es merveilleusement fou, je vis une émotion énorme, je suis envahie, je ne sais… »

« Ne dis rien, ne me dis pas maintenant ce que tu ne sais pas… Regarde notre chambrette ! »

ELLE lui prend la main, la pose sur sa poitrine, IL sent son cœur pulser incroyablement.

« Une chambrette !!! On pourrait mettre trois ou quatre chambres dans celle-ci !

Tu es fou, fou, un fou comme il n’en existait pas dans mon imagination ! »

ELLE regarde tout autour d’ELLE, comme ahurie ! ELLE voit le vase et les immenses roses.

ELLE lui prend la rose qu’il tient toujours et va la remettre avec les autres.

« Neuf roses… C’est toi qui les a demandées ? Je sais qu’on doit toujours offrir un nombre impair mais pourquoi neuf ? Trois suffisaient, même une ! »

« Non, tu ne sais pas compter ! Tu as deux yeux, pour voir les merveilles de notre Histoire,

deux oreilles pour écouter nos soupirs et nos cris, deux narines pour t’enivrer des fragrances de nos plaisirs, une bouche pour… »

« Une bouche pour goûter ton sang… »

                                                                                                  dessin rose

« Oui, aussi !!! Cela fait sept. Et tu as deux autres portes d’amour, pour recevoir mes hommages. Cela fait donc neuf ! »

Des larmes illuminent ses yeux. IL est ému par son émotion.

ELLE regarde à droite, à gauche, le regarde LUI, ELLE se sent propulsée dans un monde d’ivresse de tous ses sens.

« J’ai pu voir que tu aimes le champagne…

Arrosons maintenant cette chambre qui nous accueille… Grisons-nous … »

« Tu m’as déjà grisée, je suis déjà ivre de tes folies… »

IL va vers la table basse, prend le magnum : « Viens près de moi… »

« S’il te plaît, attends un peu… Veux-tu… s’il te plaît, laisse-moi aller… me repoudrer… çà urge… Pendant ce temps, tu pourrais aller sur le balcon… s’il te plaît, je t’en prie… Je ne peux pas… cette salle de bains, presque ouverte… S’il te plaît, pas maintenant, pas encore… »

IL la regarde une seconde ou deux puis détourne les yeux ; il embrasse cette pièce, cette grande et belle chambre, d’un regard absent. Sans la regarder, il se dirige vers une des fenêtres, pensant tout haut et le lui disant tout bas :

« J’avais raison, n’est-ce pas, de dire que rien n’est vraiment possible si la confiance réciproque n’est pas là. »

« Non, attends, cela n’a rien à voir avec la confiance. Serais-je ici, dans cette chambre, à notre première rencontre si je n’avais pas confiance en toi, et depuis longtemps ? Ne peux-tu comprendre que je sois étonnée, chamboulée, à la fois craintive et pleine de désirs et impatiente de vivre mes fantasmes ? Et les tiens peut-être.

Ne peux-tu comprendre simplement que je puisse être gênée, que ma pudeur naturelle m’empêche de… enfin, flûte, ne sois pas comme çà… »

IL ouvre la porte-fenêtre, va sur le balcon, s’appuie à la rambarde.

ELLE ne peut retenir ses larmes, regrettant sa réaction et furieuse contre la sienne à Lui.

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ELLE et LUI, histoire d'une histoire

IL l’a regardée, IL la trouve touchante, les yeux fermés, IL comprend qu’ELLE se débat contre elle-même, contre son attirance…

« Tu es belle quand tu luttes contre toi-même, je ne te cacherai pas mon émotion de te voir enivrée de désirs ; je te le confie, rien qu’à toi, le désir m’enivre aussi, ne l’as-tu pas senti ? »

Son tutoiement, son regard en prononçant ces quelques mots, la plonge dans un délicieux abîme d’exaltation ; ELLE prend une nouvelle fois conscience que sa sensualité est autant excitée que sa cérébralité.

« Ce tutoiement soudain me fait chaud au cœur… Depuis le temps que nous nous connaissons, je veux dire, depuis tous ces jours et ces jours et ces nuits où nous nous écrivons, où nous nous parlons, c’est la première fois… Non, ce n’est pas tout à fait exact… Moi, je vous ai déjà tutoyé, dans mes pensées…»

« Il y a toujours une première fois à tout… Excusez-moi quelques minutes… » dit-il en posant quelques billets sur la table.

IL s’extraie du fauteuil en lui souriant légèrement, ELLE le regarde, ELLE s’aperçoit que, le voyant de dos, sa carrure est plus imposante qu’ELLE ne le pensait. Mais que va-t-il faire ?

Peut-être une envie pressante, comme celle qu’ELLE éprouve depuis un petit moment, mais non, ELLE le voit parler au maître d’hôtel.  Pourquoi a-t-IL payé ? S’IL partait sans un mot ?

Lui aurait-ELLE déplu ? A-t-IL vu en ELLE, une femme désemparée, une femelle affolée ?

ELLE ne veut pas avoir l’air de regarder… mais ELLE ne peut s’empêcher d’épier. ELLE le voit mettre la main à l’intérieur de sa veste… Flûte, pense-t-ELLE, pourquoi se tourne-t-il ?

A présent, ELLE ne le voit plus. ELLE a vraiment envie de faire pipi, mais ELLE n’ose pas ; s’IL revenait entretemps et qu’IL pense qu’ELLE est partie.

Surtout pas. ELLE serre mécaniquement les cuisses, ELLE sent à quel point cet homme la trouble.

A-t-ELLE eu tort de ne pas lui donner sa petite culotte ?

ELLE mourait d’envie d’oser le faire, tout au fond d’ELLE-même assez fière d’arborer une culotte trempée.

« J’ai des envies de Lui… comme jamais. Tout avoir de Lui.

Et qu’IL possède tout de mon corps, de mon être.

Je suis folle ?

J’aime et j’ai peur de ces sensations, impression de bientôt exploser de sensualité…

mon corps se tend, mes muscles deviennent presque douloureux,

mes seins  gonflent légèrement et leurs pointes sont ultra-sensibles. 

Je sens cette émotion, cette excitation envahir mon corps tout entier et entre mes cuisses, une douce moiteur. J’ai envie de pleurer. »

ELLE s’est enfuie dans ses pensées, les yeux fermés, les cuisses serrées à en avoir mal aux muscles, ELLE ne l’a pas vu revenir, c’est la chaleur incandescente de sa main sur sa joue qui la tire de sa rêverie.

IL est tout près d’ELLE, au-dessus d’ELLE, ses yeux sourient, ELLE ne peut s’empêcher de poser sa main sur la sienne et de la presser contre sa joue.

« J’espère que vous ne m’en voulez pas de vous avoir laissée seule, j’avais quelque chose à régler.  Qu’avez-vous fait ? Qu’avez-vous pensé durant ma brève absence ? »

IL se penche vers ELLE, pose son autre main sur l’autre joue, la caresse furtivement, puis se rassoit, en continuant de tenir sa main ; à nouveau, ce baiser délicat sur le bout de ses doigts, mais, là, ELLE sent sa langue effleurer ses doigts…

Fulgurant arc électrique.

Qui se propage jusqu’à son sexe en une milliseconde.

ELLE frissonne.

« Mais, vous, qu’avez-vous fait ? Vous avez payé, j’ai craint que vous ne partiez.

Je vous ai observé, discutant avec le maître d’hôtel. Et puis…

Et puis, j’ai repensé à l’effet que ça m’a fait que vous me tutoyez.

Ce qu’il y a entre nous…enfin, ce qui pourrait exister entre nous… »

« Non, tu as raison : ce qu’il y a entre nous.

Car il y a. Quoi, je ne sais au juste.

Mais il y a de toute évidence une attirance.

Ne soyons pas hypocrites, d’accord ?

Une sorte d’osmose cérébrale étonnante, et depuis le début ou presque.

On ne s’était jamais vraiment vu. Pas de photo.

Une vague description en forme d’anthropométrie désagréable !

Désagréable mais habituelle. »

« C’est ce que j’ai aussi ressenti très tôt.

Notre cérébralité exacerbée, à l’un et à l’autre.

Tellement proche, tellement imbriquée à notre sensualité, en tout cas à la mienne.

Bien sûr, j’ai essayé de faire un dessin, de mettre une image, de « visionner » cet homme qui m’attirait.

M’interroger sur la mystérieuse alchimie des épidermes.

Je vous savais grand mais grand comment ? Large d’épaules mais large comment ?

Quel regard dans vos yeux marron-vert ? »

« Je suis d’accord sur cette espèce de résumé ! »

« Mais vous ne m’avez pas dit ce que vous avez fait, ce que vous avez manigancé avec le maître d’hôtel. Puis, à un moment, vous avez disparu quelques minutes.

Là, j’ai eu peur, peur que vous vous soyez ravisé, que vous m’ayez jugée… pas à votre goût… »

« Primo, je ne vous ai pas encore goûtée…je ne puis donc dire… Non, taisez-vous…

J’ai demandé au maître d’hôtel s’il se plaisait ici, s’il était content de son travail…

Oui, vous avez raison, je vous taquine. Et j’aime cela. Taquinerie n’est pas moquerie.

Mais, dis-moi, tu ne m’as pas répondu tout à l’heure, as-tu faim ? »

« Oui… Je ne vous l’ai pas dit, mais je l’ai pensé tellement fort… 

Mais qu’avez-vous fait pendant ces dix minutes où vous m’avez laissée seule ?»

« Vous aviez faim…tu as faim…moi aussi…je m’en suis occupé… et ai demandé au maître d’hôtel de tout organiser. Puis il m’a fallu passer un ou deux appels, décommander des rendez-vous.

Puis, il m’a fallu aussi, urgemment, me rendre aux toilettes…

Là, j’ai eu une pensée prégnante, insidieuse… repensant à ta demande… J’ai ri tout seul ! »

« Pourquoi rire ??? »

« Parce que je suis certain que tu as eu des pensées semblables… probablement, toi aussi, une envie de pipi, probablement la sensation de ta petite culotte… certainement pas dans un plus bel état que mon boxer… que j’ai failli… »

« Ah… un boxer ? Pas un slip ? »

« Viens… allons déjeuner… dans l’intimité… un petit repas nous attend …dans une chambre… »

Il se lève, attrape son manteau et son sac puis la prend par la main et l’entraîne ; ils traversent le bar, quelques regards les suivent.

« J’aime beaucoup ce bar, ses profonds fauteuils en cuir, c’est très « british » ; vous êtes un habitué des lieux ? »

« Rares sont les bars des grands hôtels aussi agréables aujourd’hui, calmes et à l’ambiance feutrée, discrète. Fut une époque où je donnais volontiers des rendez-vous. »

« Des rendez-vous coquins, séducteur que vous êtes… »

IL la regarde, souriant, lui serre la main un peu plus.

« J’ai été homme avant de vous connaître, tout comme vous fûtes femme avant que j’apparaisse. Être jaloux du passé est un poison.

Mais si tu veux le savoir, si j’ai souvent visité ce bar, je n’ai jamais utilisé les chambres…

Nous allons les découvrir ensemble… »

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28 mai 2020

NOM D'UNE PIPE !

Il existe des dizaines d’expressions et proverbes contenant le mot « pipe »

et tout autant avec le mot « culotte ou culotter » !

Casser sa pipe… je ne vous le souhaite pas !

Se fendre la pipe… je vous le souhaite !

Etre une grosse pipe… notables et compagnie

Fin comme une queue de pipe… plus rare !

Faire la pipe… aucune raison pour cela !

Il est important de savoir culotter sa poêle en fer ou culotter sa fonte.

Et que dire de l’art de culotter sa pipe ! Un bon fumeur a pour principe de fumer jusqu'au bout sa pipe...

pipe

Il est rare que l'on parle du culottage, ou alors de façon brève, par dédain pour ce qui peut sembler sans intérêt, un peu comme les gens bien élevés qui sont dans une mauvaise passe et n'en parlent pas. Il est vrai que ça n'est pas la meilleure entrée en matière, quand attend sous vos yeux la petite dernière, mais il faut en passer par là.

L’usage du tabac à fumer, à bord des vaisseaux du roi, est sévèrement réglementé par l’ordonnance pour les armées navales de 1689 : « Deffend Sa Majesté à toutes personnes de prendre du tabac en fumée avant le soleil levé, ny après le soleil couché, ny même pendant qu’on célèbrera la Sainte Messe ou que l’on dira les prieres ; et ceux qui en voudront prendre dans les heures permises, se retireront vers le mast de misaine, & n’en pourront prendre ailleurs, & auront devant eux une baille remplie d’eau pour éviter les accidens du feu » (La police sur les vaisseaux)

Il n'y a plus de culotteurs de pipes et de moins en moins de fumeurs de pipe, mais...

Fumer sa pipe, tailler une pipe sont des expressions anciennes qui ne signifient pas forcément la même chose…

« Cette expression est une déformation récente de "faire une pipe", par combinaison avec "tailler une plume" qui a la même signification.
Les premiers usages vérifiés de "faire une pipe" ne datent que de la première moitié du XXe siècle, chez les prostituées, l'expression "faire un pompier" étant usuelle auparavant.
Alors pourquoi cette nouvelle expression ?
Au début du XXe siècle, les fumeurs du peuple se roulaient leur cigarette, les cigarettes manufacturées apparues à la fin du siècle précédent étant réservées aux personnes de la haute société et aux femmes. Ils disaient alors qu'ils "s'en roulaient une" ou "se faisaient une pipe" (si la cigarette s'appelait aussi la 'pipe' en argot, ce serait parce que la quantité de tabac nécessaire pour fabriquer la cigarette était à peu près équivalente à celle utilisée pour une pipe).
De là, il est facile d'imaginer que les dames de petite vertu qui faisaient des pompiers à leurs clients, comparaient leurs gestes à ceux que font les fumeurs d'abord méticuleusement avec leurs doigts et puis le long de la cigarette avec leur langue avant d'aboutir à une 'pipe' prête à être fumée.

Vu qu'il est question de pipe et de fumée, on ne peut s'empêcher de lier cette expression avec "avaler la fumée" qui lui est antérieure (milieu du XIXe siècle) et qui désignait une fellation complète, avec avalement du sperme.

Les esprits très curieux se demanderont pourquoi on disait aussi "tailler une plume", expression maintenant oubliée ?
D'après Cellard et Rey dans leur Dictionnaire du français non conventionnel, cela viendrait du fait qu'autrefois, et c'était une tâche plutôt réservée aux femmes, avant de tailler au canif les plumes d'oie qui servaient à écrire, il fallait en humecter l'extrémité avec la langue.

Et le 'pompier', alors ? me direz-vous, titillée par votre curiosité insatiable.
La même source rappelle qu'autrefois, les pompiers alimentaient leurs lances à incendie en activant à la main les pompes de leurs citernes. Ces mouvements de va-et-vient du piston dans le corps de la pompe, rappellent le fait qu'au cours d'une fellation, l'homme se fait 'pomper' par un autre type de va-et-vient, et le tout mélangé à la similitude entre 'pomper' et 'pompier' aurait fait le reste. » (selon Expressio)

Parlez de fellation, et aussitôt les conseils techniques pleuvent.

Le problème n'est pas la pertinence de ces avis - ils le sont pour la plupart.
Ce qui finit par être agaçant, c'est l'aspect prouesse technique que cette avalanche d'instructions tend à donner à cette pratique. Et pourquoi un tel souci de perfection ? 
Donc, la pipe serait un acte magnanime, dédiée au seul plaisir du receveur ? Nom d'une pipe !

confession


La fellation, pour être bonne, doit être un plaisir partagé comme n'importe quel acte sexuel.
Avant de passer une maîtrise d'art pompier, il faut d'abord apprendre à aimer l'objet sur lequel on va exercer ses talents.
Il y a encore trop de femmes qui n'osent regarder l'homme, son corps, ses attributs sexuels comme objet de désir.

Quand une femme demande comment bien faire une fellation, il n'est pas rare qu'elle exprime en réalité sa réticence, voir sa répulsion pour cette pratique qu'elle n'envisage de prodiguer que par amour.
A cette femme-là plutôt que de lui servir le petit manuel de la bonne pipeuse, ne serait-il pas plus judicieux de lui laisser entrevoir son propre plaisir ?
De même, la gourmandise dont je parle est une gourmandise amoureuse, un désir d'absorption, de succion, d'embrassement de ce morceau de chair dressée, et non une boulimie excessive que montrent, en en faisant une sorte d'exemple, les images ou les descriptions de gorge profonde et d'avaleuses de sabre. Non, point n'est besoin de se détruire la glotte pour procurer du plaisir et du bonheur à un homme en le suçant :
le désir amoureux est souvent créateur de beaux gestes techniques... ne croyez-vous pas ?

La pipe serait un acte magnanime, dédiée au seul plaisir du receveur ? 

Non, lorsqu’une femme fait une pipe à un homme, c'est normalement un geste de plaisir identique aux deux sexes.
Et pourquoi pas mêler les deux ? Du moment qu'il y a tendresse et respect. 

Le désir amoureux est souvent créateur de beaux gestes techniques...

La bouche est une zone érogène capitale. N'est-ce pas pour cela que les amoureux s'embrassent sur et dans la bouche ?

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ELLE et LUI, culottés!

IL a juste le temps de penser qu’il est ravi de sentir qu’ELLE a envie de Jouer.

voeuxdanse

« Eh bien ? Vous hésitez ? Vous avez peur d’aller vous déculotter ? Devrais-je vous prendre par la main pour vous emmener moi-même et prendre ce que vous n’osez faire ? »

ELLE a conscience qu’ELLE fait très fort et, subitement, comprend qu’ELLE risque d’être prise à son propre jeu.

« Je devine sans peine ce que vous pensez à cette seconde… Comment allez-vous vous sortir du piège que vous vous êtes tendu ? »

« Je n’ai nullement la sensation d’être dans un piège… »

Tout en prononçant ces mots, ELLE prenait conscience que le virage allait être délicat à prendre, à négocier… Oui, voilà, si dit-ELLE, négocier…

« Mais, chère amie, voyons… Comment pouvez-vous être certaine que je porte un slip !

Voyez-vous en plus d'être "speed", je suis audacieux… »

« Je n’hésiterais pas à vous présenter mes excuses si vous me démontrez que j’ai tort de penser que vous ayez pu oser venir nu sous ce pantalon de velours… Un simple petit glissement de braguette suffirait à me rendre compte… même ici… »

« C’est très vrai, même ici, un simple petit mouvement de vos jambes suffirait à ce que mon regard indiscret puisse discrètement apercevoir si quelque étoffe protège votre vulve.. »

Diable d’homme, pense-t-ELLE…

« Votre regard, votre voix me troublent... Je sais que vous le savez... !  

Vous en jouez... Comme d’une caresse!  

Grave... Chaude... Sensuelle... Tendre... Elle me bouleverse... !

Continuez à me faire frissonner... sous le souffle de vos mots...

Doux et... chauds... !

Faîtes rougir mes joues des aveux que vous me dérobez...

Et d’émotion, mes seins se durcissent sous ma robe... ! »

Instantanément, elle comprend qu’ELLE n’aurait pas dû dévoiler ses sensations intimes…

Son antre est aussi émue que sa tête… Ses yeux humides et brillants n’ont rien à envier à son sexe… ELLE se sourit en pensant fugitivement qu’au fond, ce serait un bel hommage rendu à cet homme que de lui montrer à quel point il parvient à lui faire mouiller sa culotte…

 

« D'abord, on se croise, dans une gare,

Ou dans un lieu tout à part,

On s’envoie cent messages sur le tard,

Se promener l’œil hagard

A la recherche d’un phare

Puis se croiser par hasard

S'égarer dans un regard

Ensuite

Commencer à écrire une histoire

S'amuser à quatre mains

Et effeuiller délicatement demain ...

Aimez-vous mes mains ?

Et alors désirer… et ce n’est pas hasard !

S'installer dans cette histoire

Oublier tout ce qui est noir

Et s'effleurer avec égard... »

ELLE prend conscience d’être sous le charme de sa voix, basse, rauque par moments ; et le regard qu’il pose sur ELLE est souvent comme une caresse. ELLE est tellement avide de caresses, tellement en manque de ces caresses.

Ce diable d’homme qui a réussi à la faire venir, ELLE, si prudente, si craintive même ; bien qu’ELLE tente de s’en défendre, ELLE éprouve une confiance instinctive. Ce qui augmente sa crainte de tomber dans ses rets.

ELLE reprend sa coupe et se remplit la bouche du champagne encore frais ; elle le regarde, se sentant rougissante de faire ostensiblement des bulles avant de boire …

« Moi aussi, j’aimerais. J’aimerais beaucoup… Le feriez-vous vraiment ? »

« Là, je ne comprends pas ; que voulez-vous dire ? Qu’aimeriez-vous donc ? »

 

ELLE est estomaquée qu’IL ait deviné ; mais a-t-il vraiment deviné ou fait-il encore semblant, pour la provoquer ?

« Je comprends votre hésitation… le lieu ne s’y prête guère… Plus tard peut-être…Ailleurs… »

« Ailleurs ??? »

« Mais oui, nous n’allons pas passer toutes les heures à venir dans ce bar, aussi confortable soit-il ! N’avez-vous pas faim ? »

S’IL savait la faim qui la tenaille ! ELLE est affamée…

ELLE ferme les yeux, le souffle lui manque… Entendre ce mot « faim » l’a plongée dans une rêverie intenable…

« J'ai faim de toi, de tes mots, de ton ventre, de ton plaisir, de tes cris
De mes peurs et des tiennes,
De ta présence, de ta liberté, de ta folie, de la mienne

J'ai faim à avoir toujours faim

Maintenant, ici, viens auprès de moi
Notre première fois, redemande-moi ma culotte,

Je fermerai les yeux quand tu regarderas combien tu me fais couler,
Ferme les yeux, laisse toi aller, laisse-moi aller en toi, pendant que je te caresse
Je te parlerai quand je te prendrai en pleurant de joie
Et quand je te parlerai je viendrai tout doucement
Poser mes lèvres contre les tiennes
Et puis me pousserai
Pour descendre encore plus intimement en toi
Pour un partage de mes lèvres à toi
Sur ton sexe, sur ta peau
Juste comme si je discutais avec ton être..

Et de mes mains posées sur ton sexe
Tu te laisseras, abandonné à moi
Et je t'embrasserai
Avec ma langue
Avec mes seins
Et je m'écarterai un peu
En te suppliant juste de venir poser tes lèvres entre mes cuisses

Et tu m'amuseras, je t'amuserai

Et de temps en temps tu laisseras mon entrecuisses
Pour venir me délivrer ta langue contre la mienne, entre la mienne »

 

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Subtil mélange

il est important de mélanger savamment nos mots, nos rêveries…

Cela aussi fait partie du grand Jeu de l’Amour…

Une écharpe, un carré, madras, bandoulière, hijab, coiffure, mantille…

Seule la soie est riche de possibilités.

Une écharpe de soie nouée autour du cou en cas de torticolis.

Un foulard noué sur les cheveux pour les protéger de la poussière ou de la pluie.

Carré de soie pour orner un chapeau, ou une boutonnière.

Lien de soie pour attacher un sac ou des poignets graciles.

Etoffe soyeuse pour orner un corps.

Long foulard de soie autour de la taille…

Allusions, illusions, illustrations…

Il faut toujours un doigté délicat…

 

rubannoir

Le jeu du foulard : proscrit, tant pour les enfants que pour les adultes.

Un long foulard, aux couleurs chamarrées, autour du cou d’une femme,

Glissant entre ses seins, jusqu’à la taille.

Un foulard plus fin, nouant ses poignets.

Existe-t-il une femme joueuse et sensuelle, capable de trouver un foulard assez long

pour ceindre sa taille, le noeud au creux de ses reins,

L’incruster entre ses fesses, le faire remonter entre les lèvres de son sexe puis le nouer sur son ventre.

Si le foulard n’est pas assez long, elle choisira un ruban doux, soie ou satin, en ferait l’emplette,

irait à la rencontre de son complice, nue sous sa robe, et lui dirait, les yeux dans les yeux :

« Attachez-moi, faîtes-moi porter cette ceinture de chasteté… »

RUBAN

 

Oui, moi je vous le dis, elle existe cette Femme, attachée à ce foulard-lien-ruban…

Voulez-vous que je la dévoile, que je la nomme ?

Elle s’appelle… Non, je ne veux pas être indiscret…

Elle va se présenter  elle-même, en toute impudeur…

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ELLE et LUI, jour 1 suite

ELLE est tellement étonnée par son accueil, par cette sorte de galanterie légèrement affectée mais elle est certaine que tout dans son attitude est voulu, raisonné.

IL se rassoit en l’invitant d’un geste à prendre le fauteuil juste face à lui.

IL la regarde, le regard souriant. Instantanément, son calme incroyable l’agace.

ELLE sait qu’elle ne doit pas se laisser entraîner dans ce jeu-là,

ELLE n’est pas de force, tous ses désirs refoulés depuis des jours et des jours suintent sur sa peau. Il ne fait pas si chaud, mais elle transpire légèrement, elle sort un petit mouchoir de son sac et se tamponne la lèvre supérieure, en songeant que ses aisselles transpirent aussi.

« Ce geste est charmant, et même élégant, mais pourquoi donc avez-vous si chaud ? Seriez-vous venue en vélo ou avez-vous couru ? » lui dit-il avec l’esquisse d’un sourire taquin.

« J’ai marché vite, je ne voulais pas être en retard… » et en répondant trop vite, ELLE comprend qu’IL a réussi à la mettre en défaut.

« Deux coupes, s’il vous plaît » demande-t-il au maître d’hôtel.

Le rustre, pense-t-ELLE, IL ne lui a même pas demandé si ELLE aimait le champagne.

ELLE le regarde, ELLE ne l’imaginait pas ainsi (pourtant, combien de fois a-t-ELLE essayé de le dessiner, d’imaginer sa stature, combien de fois l’a-t-ELLE déshabillé dans ses rêveries…); assez imposant, ce regard tellement calme et pénétrant, sa façon d’être habillé, avec une certaine recherche mais dans un style décontracté.

Pas de cravate, costume de velours noir ; mais il est vrai qu’ELLE pense depuis bien longtemps que si un homme arrive à la séduire dans ses vêtements, si ELLE le trouve beau dans ses gestes et langage, ELLE sait qu’ELLE le trouvera beau une fois dévêtu !


Les défauts disparaissent face à la beauté d'un coeur !

ELLE reprend son petit mouchoir, se donner une contenance, ELLE en profite pour le regarder discrètement, une main calmement posée sur sa cuisse, l’autre sur l’accoudoir du fauteuil. Et toujours ce léger sourire au bord des lèvres…(encore une expression idiote, où donc pourrait être le sourire ? comme les larmes aux yeux… encore que… parfois, c’est comme si de son sexe coulaient des larmes).

« Alors, chère Madame, qu’avez-vous donc à me dire ? Vous n’êtes pas venue à ma rencontre pour rester silencieuse ? »

" Offrez-moi ce verre de vin qui rend fou
Passez vos mains dans mes cheveux
Tirez ma tête en arrière
Et buvez le sang de mes artères
Faites-moi tressaillir
Faites-moi languir
Prenez mes seins de vos lèvres
De mes mamelons, mordez-en le bout
Et puis, et puis … »

C’est ce qu’ELLE voudrait dire, crier, lui lancer à la figure…

« C’est vous, cher Monsieur, qui m’avez donné rendez-vous, c’est à votre initiative qu’a lieu cette rencontre ; qu’avez-vous vous-même à me dire ? »

IL sourit plus largement, se penche pour prendre une coupe qu’IL lui tend, en la regardant au fond des yeux. Son regard lui fait le même effet que la vague de mots dont ELLE est submergée depuis des semaines… Emotions, pulsions, envies mêlées… ELLE se dit absurdement qu’ELLE a eu raison de mettre une culotte.

« Eh bien, en effet, je vous dis que je suis charmé de vous rencontrer, de pouvoir mettre un visage sur celle avec qui j’ai correspondu. Charmé parce que vous êtes charmante, chère amie,

Alors, buvons donc à cette rencontre, tout simplement ! »

IL voit la brillance de son regard, la légère transpiration sur sa lèvre, cette tension qu’IL sent en ELLE le ravit. IL boit une gorgée puis lui tend son verre…

« Donnez-moi le votre, vérifions si nous saurons nos pensées mutuelles… »

« Offrez-moi ce calice de vie
Recouvrez-moi d'une parure de baisers
Invitez-moi au repas de fêtes
Faites-moi tournoyer sans les aires
Offrez-moi un envol pour ce monde
Faites se déverser ma fontaine
Faites couler ma cascade… »

Tout en goûtant à son verre, et osant le fixer dans les yeux, ELLE se voudrait plus audacieuse, ELLE voudrait le déstabiliser, lui faire perdre ce calme, cette assurance…

IL a perçu l’envol de ses pensées durant quelques secondes, IL lui sourit, à la fois taquinement et tendrement.

« Nous conversons depuis longtemps, nous nous sommes beaucoup écrit, nous avons parlé chacun de soi, nous avons pénétré l’univers intime de l’autre, et en confiance et sans grande pudeur, je dirais même en toute impudeur, oui ou non ? »

« Bien entendu… mais je crois vous avoir beaucoup plus révélé de moi que vous ne l’avez fait, manipulateur que vous êtes ! »

« Je viens de lire vos pensées, enfin, je crois les avoir senties, devinées…je l’ai vu aux paillettes qui ont envahi vos yeux, à l’accélération de votre respiration… Pourquoi vous retenez-vous de me dire votre émotion ? Vous ne cessez de gigoter dans votre fauteuil…ce qui me permet d’apercevoir que vous avez de fort jolies jambes…et je vous remercie d’avoir mis des bas et non un horrible collant ! »

ELLE est abasourdie de l’intuition de cet homme, cet homme qu’ELLE a tant attendu de découvrir, ELLE se sent mise à nu, dévoilée, découverte, dépossédée de ses pensées secrètes.

« Vous savez que cela a été un profond plaisir pour moi de me préparer à cette rencontre ; je ne prends jamais de bain, vous le savez d’ailleurs, mais pourtant, ce matin, je me suis glissée dans une eau très chaude, parfumée, j’ai pour la centième fois imaginé ce moment, mes pensées virevoltaient dans tous les sens, vers vous, évidemment, c’est çà que vous voulez entendre ? »

Sans vraiment bouger, IL lui tend la main, sans rien dire, juste du regard l’inviter à lui donner sa main. IL regarde sa main, ses doigts, retourne sa main, dépose un baiser sur son poignet, puis un autre sur le bout de son index, le laissant contre ses lèvres, en la regardant intensément, entrouvrant légèrement ses lèvres. ELLE frissonne, ne s’attendait tellement pas à ce baiser-caresse torride, ELLE le regarde, regarde sa bouche, puis ses yeux encore ; malgré ELLE, son doigt caresse ses lèvres, va-t-ELLE glisser son doigt dans sa bouche ; IL semble attendre, son regard toujours brûlant.

« Votre doigt porte un parfum très doux, celui de votre peau, je suppose ; je devine qu’il a bon goût ; pourquoi hésitez-vous à me le donner ? »

ELLE sait qu’IL sait qu’être ainsi en public, même si le bar très cosy est calme et permet de ne pas avoir de voisins à 50 centimètres, la paralyse un peu. Ne lui a-t-ELLE pas dit qu’ELLE était assez pudique ? Mais ne lui a-t-ELLE pas avoué qu’IL lui mettait le feu aux entrailles ?

IL lèche tout doucement l’extrémité de son index, le saisissant un peu entre ses lèvres, ce baiser la fait frissonner, la bouscule, des images l’assaillent, est-ce le champagne, est-ce le trop-plein de sensations, d’envies, son sexe trempe la jolie culotte qu’ELLE avait choisie, ELLE en est aussi heureuse que troublée, presque honteuse qu’il devine…

« Puis-je vous demander une faveur ? » lui demande-t-il, avec son doigt toujours entre ses lèvres.

ELLE ne peut faire qu’un signe de la tête, tant elle est émue.

« Donnez-moi votre culotte… »

« Me donnerez-vous votre slip ? »

« Je viens de vous demander votre culotte… »

« Je vous la donnerai si vous me donnez votre slip »

IL est ravi de sentir son répondant autant que ses tentatives de résister.

N’est-ce pas là précisément, le délice de ces jeux d’approche ?

« Reprenons une coupe, voulez-vous ? »

« Chercheriez-vous à me griser ? »

« Certes, n’en doutez pas, mais pas par l’alcool. »

ELLE le regarde alors, décidée à le provoquer, voulant ainsi essayer de prendre l’avantage, lui montrer qu’IL ne va pas réussir à la manœuvrer aussi facilement.

« Je suis sous le charme de cette rencontre qui est notre première rencontre. Je suis malgré tout très étonnée que vous osiez me demander ma culotte. Seriez-vous fétichiste des petites culottes ? Et puis, cher Monsieur, comment pouvez-vous être certain que j’en porte une ? »

« Je ne suis jamais sûr de rien, chère Madame, mais ce que je sais de vous me permet de penser que vous n’êtes pas du genre à venir une première fois les fesses à l’air… »

IL la regarde en souriant doucement, IL aime son allure et ELLE le devine.

« Soit, oubliez donc ma demande ! Peut-être suis-je un peu trop « speed » comme me l’a récemment reproché une femme avec qui je corresponds… »

« Non, non, je n’oublie pas, bien au contraire… »

(ELLE sent instinctivement qu’elle peut le contrer, à ce moment, et ce jeu tellement cérébral en même temps qu’érotique la ravit.)

Le maître d’hôtel a discrètement posé deux nouvelles coupes et quelques amuse-gueules.

IL se saisit d’un petit canapé et se penche pour lui donner.

ELLE l’attrape de ses lèvres en le fixant. Regard intense de part et d’autre.

« Votre galanterie est charmante…et le champagne que vous m’offrez ne me fait pas oublier que c’est vous qui renoncez au défi que vous m’avez lancé. C’est donc moi, maintenant, qui vous prie de me donner votre slip… Je vous attendrai sagement, je ne toucherai même pas à ce champagne… Allez vite aux toilettes… et faîtes en sorte d’accéder à ma demande. »

IL est tout à fait étonné du ressort dont ELLE fait preuve ; IL voit bien à ses yeux brillants, à sa respiration plus rapide qu’ELLE est dans l’émotion et IL ne peut se cacher à lui-même qu’il éprouve une exaltation certaine.

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27 mai 2020

ELLE et LUI, jour 1

Flash back :

Une respiration saccadée. C'est ELLE. ELLE sait que c'est LUI mais ELLE ne LE voit pas.

Est-ce LUI qui la fait chavirer ainsi ou seulement l'émergence de ses désirs de sensualité enfouis?

Pourquoi est-ELLE certaine de se sentir bien ainsi perdue dans ses bras ?

IL songe que ce sera une fabuleuse idée de lui laisser ses quatre sens en la privant de la vue; la première caresse offerte, celle de la soie sur ses yeux. ELLE sera aveuglée sans l'être.

"Que me soufflera-t-il à l'oreille ? Comment me caressera-t-il ? Comment nos corps s'épouseront-ils ? Mon âme aura-t-elle rejoint la sienne ?" se demande-t-ELLE sûrement.
Pas d'autre réponse que le noir encore et toujours, et ses soupirs persistants.

Des flashs lui reviennent, se succèdent devant ELLE comme sur un écran de cinéma, sur l'écran de ses yeux clos.

Où qu'ELLE aille, ils sont là. Et c'est précisément cette présence constante qui l'irrite, lui fait peur, l'affole; ELLE ne veut pas de cette invasion, ELLE se complait dans la légèreté teintée d'éphémère, ignorant encore que c'est justement dans l'invasion de notre forteresse qu'on trouve le sourire de la dérision nécessaire.

Pas d'échappatoire, pas d'issue, même en fermant les yeux ils sont là, partout, devant, autour, dedans.

Une main sur sa poitrine, un frémissement de sa peau, bouche entrouverte, pied glissant sur le drap, cœur palpitant, téton dressé entre pouce et index, soupir, croupe qui se cambre, épaule où se blottir, fesses en mouvement, larme qui s'écoule au velouté de la joue, cuisses entrouvertes, verge dressée, rires, muscles qui jouent sous mes mains agrippées à son dos, jambes écartées, sexe ouvert, offrande brûlante d'une vulve gonflée de mille désirs, murmures, doigts emmêlés, bouches qui se cherchent, c'est bon, envie, plaisir, reins pailletés de sueur, chaleur, feu, étoiles dans ton ventre bouillonnant, ton sexe en flamme, 

"Oh, quand donc va-t-il se décider à prendre mon cul, à me fouiller de fond en comble"

VITRE

se dit- ELLE in petto et, une fois encore, ELLE est effarée de la violence crue de ses envies. et IL devine ses pensées, encore, gémissements, langue à langue, plaisir, baisers, caresses, excitation, viens, enlace, en face, embrasse, embrase, avive, attise, arrive, enfile, crie, épie, suit, poursuit, oh oui, enfouis, jouis, infini, éblouis, vite, en vit, en vit… en… vie… en…

IL est plus vieux qu’ELLE.
Serait- ELLE plus timide qu’effarouchée ?
ELLE a eu besoin de LUI dès les premiers mots.

Ses mains découvriront son buste, ELLE le sait.

Il la prendra dans ses bras, elle oubliera ses craintes
Ses lèvres s’approcheront…les siennes brûleront…
Ce contact la transporte déjà si loin.

ELLE lui en veut de ne pas oser.

Plus vite.

Plus fort.

Plus loin.

IL a rêvé de ses mots

Ou était-ce ELLE  qui désirait ses mots
Ils résonnaient en échos

IL a rêvé de son odeur
ELLE  l’aurait enivré en douceur


ELLE découvrira sa voix, il ne peut en être autrement
ELLE sait, elle pressent que sa voix la mettra en émoi.

ELLE prend conscience qu’ELLE divague, ELLE connaît déjà sa voix…

Dans le secret de son cœur, ELLE lui parle toutes les nuits
Bien souvent, tendrement, ELLE le nomme mon Ami
Dans le secret de son cœur, Il lui murmure doucement
Que toujours, IL sera là même dans les plus durs moments
Comme une folle litanie ELLE invoque mille fois son nom
Et elle se sent protégée par Lui qui est son démon.
Dans le secret de son cœur, ELLE ne le vouvoie jamais
Parce que c’est ainsi que leur accord est parfait
Cela n’empêche nullement la plus grande des Tendresse
Qui vole vers eux tout le temps comme une douce caresse.
Dans le secret de son cœur, tout le temps ELLE pense à LUI
ELLE se voit bien tranquillement reposant entre ses bras
C’est alors que, simplement, ELLE pourrait dire comme Barbara
« Vous Monsieur, la plus folle histoire d’Amour c’est Nous. »

 

bonnes soeurs

Mais, ELLE sait qu’ELLE ne peut plus reculer, ELLE ne le veut pas.

ELLE se souvient qu’IL lui a dit… « vous viendrez à moi, Ma Salope. »

Et ELLE, ni pute, ni soumise s’est rendue au rendez-vous…

IL lui a dit… je vous attendrai au bar.

 

ELLE sait qu’il est plus vieux qu’ELLE.

ELLE n’a jamais osé LUI dire que la différence d’âge lui plaisait.

ELLE en avait trop rencontré, connu, parfois aimé, des hommes de son âge.

Trop souvent immatures, sans grande expérience mais matamores.

ELLE sait qu’elle est en perdition et elle recherche avidement un guide,

un homme qui a vécu, qui connaît la vie mieux qu’elle, un homme capable

de lui montrer le chemin, à la fois attentif, prévenant, mais autoritaire,

n’ayant pas peur de montrer sa tendresse.

ELLE se fout de son âge, elle ne cherche pas un étalon.

IL lui est apparu si mûr, si cultivé, tellement cérébral.

ELLE est là, maintenant…

ELLE lui en veut vraiment de ne lui avoir rien dit.

ELLE lui a demandé comment il souhaitait qu’elle soit habillée, par exemple,

Maquillée un peu ou beaucoup, en robe ou en pantalon.

Rien ! Pas une seule indication. Juste quelques mots anodins mais provocateurs :

« Faîtes donc selon votre inspiration, rendez-vous belle, si vous voulez me séduire »

ELLE l’aurait giflé. En pensée seulement.

 

ELLE L’aperçoit, tranquillement assis dans un profond fauteuil anglais.

Un très léger sourire aux lèvres, son regard la suit.

« Pourvu que je ne me prenne pas les pieds dans le tapis… Bon pas de tapis.. »

ELLE se sent rougir. Sans rien comprendre, son sexe mouille instantanément.

En quelques secondes, ELLE pas en revue mentale sa tenue.

ELLE voulait ne pas mettre de culotte, le provoquer, enfin prendre l’avantage.

ELLE n’a pas osé, craignant que si… IL devait s’en apercevoir, IL la trouve vulgaire.

Pas après pas, ce bar lui paraît interminable, ELLE s’approche.

Lentement, IL se lève, les yeux fixés dans les siens.

ELLE va pour l’embrasser ; quelle erreur ! IL prend sa main, la fixant intensément,

la porte à ses lèvre ; non, il ne fait pas un baisemains. ELLE découvre ce que peut

être un baise-doigts, tout à la fois léger et tonitruant.

A-t-ELLE la teinte d’une cerise, d’une tomate, d’une pivoine ?

C’est ELLE maintenant qui s’en veut de ne pas oser.

Que vont-ils oser ?

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